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Cafetière "à l'esclave noir"

Abbaye de Graville

Traite et esclavage
Orfèvre : Bruno GORLIER (1725-1790)
Date : vers 1768-1769
Matière et technique : argent martelé, repoussé, fondu et soudé
Dimensions : H. 29 cm
Provenance : Arras
N° Inventaire : 2020.3.1

Une forme classique, un détail étonnant...

Les formes de cette cafetière sont classiques pour la région de Lille. Le masque d’esclave noir qui supporte le culot est plus singulier et reste sans équivalent connu parmi les productions françaises. Ce motif rare peut être rapproché, malgré ses formes différentes, des têtes d’esclaves sculptées qui ornent les manches d’ébène de plusieurs cafetières produites à la même époque par des orfèvres œuvrant dans la généralité de Lille.  

A panse piriforme, elle est travaillée en relief alternant six pans plats et six pans à doucine se prolongeant sur un couvercle en cloche, à charnière et souligné de filets. Le fretel est orné d’une terrasse à godrons, couronnée d’une petite graine, peut-être remplacée dès le XVIIIe siècle ? L’appui-pouce ajouré est composé de palmes entrelacées aux courbes nerveuses. Trois pieds à patins et tiges biseautées sont reliés au corps de la verseuse par des attaches violonées, soulignées de filets. Un bec couvert, à canaux, s’appuie sur un culot en forme de tête d’esclave noir. Des hottes en forme de rosettes, nervurées à la manière de coquilles, assurent la jonction de l’anse de bois - travaillée en volute - au corps de la verseuse. 

 

Bruno Gorlier (1725-1790)

Formé à Arras, il accède à la maîtrise d'orfèvre en 1750, après un apprentissage effectué auprès de son oncle François Gorlier. Son travail est documenté à Arras où il apparaît comme un des douze maîtres en exercice et occupe un poste de garde juré pendant plusieurs années. Plusieurs poinçons sous le corps et en bordure du col précisent les origines de l’œuvre.

Date d'acquisition : 2020