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Acquisition autour du port du Havre

« La tour François 1er, barque et calfat », par Jules Noël

Ce dessin, réalisé par Jules Noël (1810-1881) autour des années 1850-1860, est un témoin de la ville au XIXe siècle, représentant à la mine de plomb un des bâtiments les plus iconiques de la ville Océane mais également son activité maritime.

 

Nous pouvons voir au centre de la composition, avec des traits un peu plus appuyés, une barque suspendue sur une perche articulée. Sur la droite des filets s’empilent, et  un seau de bois, rempli de goudron, à côté d’une masse de chiffons, annonce le retour prochain des pêcheurs pour le calfatage de la coque. Ce dessin vient compléter les collections de l’Hôtel Dubocage de Bleville, autour des bâtiments détruits du Vieux Havre, chers à beaucoup de Havrais.

Vu de la tour François 1er avec une barque au premier plan

Le début de la construction de la tour François 1er est contemporain de la fondation de la ville du Havre, en 1517, par le roi de France. Située à l’angle sud des murs qui protègent la cité, elle marque l’entrée du port dont elle devient le symbole. Utilisée comme vigie, comme prison et comme poudrière, elle voit sa terrasse aménagée dès la fin du XVIIIe siècle pour accueillir un télégraphe puis le bureau du chef des signaux. Sa démolition est ordonnée en 1861 pour permettre la modernisation du port du Havre, elle s’achève en 1867. La clef de la tour et plusieurs vestiges lapidaires sont conservés et déposés au musée du Havre fondé en 1845. Ces vestiges appartiennent aujourd’hui aux collections des musées d’art et d’histoire.


Jusqu’à sa disparition, la silhouette emblématique de la tour, caractérisée par ses proportions trapues et les bossages de ses parements, incarne l’identité du port du Havre. Elle figure sur tous les plans de la ville et devient au XIXe siècle un des motifs favoris des peintres, qui l’intègrent aux vues de l’entrée du port du Havre. Le point de vue le plus souvent représenté est la façade sud, à gauche, en entrant dans le port.

Jules Noël, qui réside fréquemment en Normandie à partir de 1850, notamment à Fécamp et au Tréport, est moins connu pour ses vues du Havre. Son dessin de la tour François 1er, sans doute antérieur à la démolition de l’édifice en 1861, est isolé, et la date exacte de sa visite ou d’un éventuel séjour au Havre reste incertaine. Apprécié pour les « paysages de mer » ou les « scènes de genre maritimes » très animées qu’il expose au Salon à partir de 1840, Jules Noël s’attache plus rarement à la représentation des monuments. Son esquisse de la tour François 1er est à ce titre originale, le point de vue adopté par l’artiste, qui dessine la face sud-est du monument, orientée vers l’intérieur du port, le cadrage resserré et le format vertical de son dessin sont également intéressants. Le soubassement lisse des fortifications, les élévations à bossages, sa porte ouvrant sur le quai et sa terrasse couronnée par le bureau du chef des signaux, sont observés avec autant de précision que les détails des maisons mitoyennes qui s’y accrochent. Des vues contemporaines du Havre et quelques photographies du milieu du XIXe siècle, conservées dans les collections des musées d’art et d’histoire, attestent la fidélité du croquis au motif.